Pourquoi un PVT ?
Le Permis Vacance Travail, c’est
du génie. C’est un visa d’un an, passé à deux ans depuis peu, qui permet aux
voyageurs de travailler dans le pays qu’ils visitent. Pour la plupart des longs
voyages, c’est indispensable de pouvoir se financer sur place, et puis on ne
peut pas faire mieux point de vu intégration. Le PVT était parfait pour nous,
car on réunissait tous les critères pour l’obtenir : français, entre 18 et
35 ans, dans un pays participant, il n’en a pas fallu plus pour qu’on se lance.
Enfin si, il en a fallu plus, beaucoup plus.
Comme on ne savait pas trop
comment ça marchait, on a cherché un peu sur internet avant de tomber sur la
bible du PVT :
pvtiste.com. LE site qui nous a aidés à obtenir notre visa.
Et croyez-moi ce n’était pas une mince affaire.
Alors on a d’abord commencé par
se renseigner sur les dates des délivrances de visas, pour être prêts le jour
J. La toute première chose qu’il faut savoir, lorsque l’on veut obtenir un PVT,
c’est que pour le Canada, il y a des quotas. Ce n’est pas le cas pour tous les
pays, mais le précieux visa canadien est le plus prisé, et c’est justement ce
qui en fait sa valeur. Alors le Canada protège ses frontières, et ne permettait
à ce moment qu’à environ 6000 chanceux, d’entrer sur son territoire pour un an,
et d’y travailler. Hum hum, au dernier recensement, il semblerait qu’on ait été
plus de 60 000 à tenter notre chance en 2014. Vous cernez un peu le
problème ?
Mais bon, nous on s’en foutait,
on allait tout bien faire comme il faut et après Inch’allah ! Sauf que
déjà, tout bien faire comme il faut, c’est long et compliqué. Je ne vais pas
détailler toute la procédure, vous la trouverez facilement sur pvtiste.com,
avec des conseils avisés, juste vous dire un peu comment on l’a vécu.
Le début.
On avait déjà fait nos passeport
quelques semaines avant pour un voyage au Maroc, alors c’était déjà une bonne
chose de faite, 80€ qu’on ne compterait plus dans les frais. Avec ça, la
première étape demandait un CV. Mais attention, pas n’importe quel CV, pas
question d’envoyer nos curriculum déjà prêt, design, nous mettant bien en
valeur, non non. Il fallait respecter à la virgule près ce que l’ambassade
demandait. Ne laisser aucune période de temps vide (au cas où notre semaine de
vacance entre le reprise des cours et notre job d’été nous aurait servie à
fabriquer du crystal meth dans notre cave), mettre tous les pays, les villes,
les codes postales à chaque ligne de nos expériences (et dans l’ordre svp),
détailler un peu nos expériences, et bla et bla et bla et bla. Des millions de
consignes qui nous ont valu de refaire
nos CV à peu près 120 fois avant de penser qu’ils étaient bons.
Jour-J, Heure fatidique.

Ensuite, un certain jour à 16h00
pile, on devait être sur notre ordinateur, pour soumettre notre candidature, et
c’est à ce moment-là que notre avenir se jouait. Ça peut paraître ridicule, dit
comme ça, mais vous ne pouvez pas imaginer l’ampleur du truc tant que vous
n’avez pas votre main tremblante sur la souris, les yeux rivés sur la
trotteuse, attendant l’instant ultime. Je m’en souviens, c’était chez mes
parents, SuperM et moi, chacun sur un ordi, l’horloge universelle devant les
yeux, la famille interdite d’utiliser le réseau sous peine de mort (et je ne
plaisantais pas). Ce devait être simple, à 16h00 pile, il fallait cliquer une
fois sur « soumettre », attendre une page, puis cliquer sur
« envoyer ». Sauf qu’on savait très bien qu’exactement au même
moment, on serait des milliers à tenter la même chose, et si vous avez déjà
essayé d’aller voir vos résultats de bac en ligne, ou envoyer un sms le 31
décembre à minuit, vous savez très bien ce que signifie « un réseau
saturé ».
10..9..8..7..6...5.....4...3...2...1...
ALLEZ ! A la vitesse de l’éclair, on rafraichi la page, puis on clique sur
« soumettre ». Ma deuxième page arrive tout de suite, j’enchaine.
SuperM lui, à sa
première qui ne s’affiche pas. Je clique sur envoyer et là
.... 10 minutes. Je pense que c’est le temps que j’ai dû attendre avant qu’une
autre page s’affiche. On nous avait prévenu d’éviter de rafraîchir trop souvent
pour ne pas saturer. Mon œil. M n’a jamais réussi à voir le bouton
« soumettre ». Et moi, au bout de 10 minutes, c’est une page d’erreur
qui s’est affichée, puis impossible de recommencer. 14 minutes plus tard, on nous
annonçait déjà que le quota de la première vague avait été atteint.
Déconfits. Dégoutés. Enervés.
Déçus. On était tout ça à la fois. On imaginait le nombre de geek avec des
connexions ultras puissantes qu’il devait y avoir dans les 60 000 participants.
Faut avouer qu’on s’est vraiment sentis découragés. Je crois même que l’un de
nous a dit : « Tant pis, on ira en Nouvelle Zélande. ».
Il faut croire que ma bonne
fortune ne voulait pas me décevoir à ce moment-là, car plus tard dans la
soirée, j’ai constaté que ma candidature avait bien été prise en compte, et que
j’étais passé travers les mailles ! J’avais réussi ! De quoi nous
redonner espoirs à tous, nos deux amis ne l’ayant pas eu non plus.
Finalement, SuperM et notre amie l’ont eu à la deuxième
tranche et son compagnon, au rattrapage. C’est à ce moment-là qu’on peut dire
qu’on a eu de la chance.
Après cette étape, il y en avait
d’autre, pleine de paperasse, de questions idiotes « êtes-vous un
terroriste ? » « Avez-vous déjà transporté quelque chose, pour
quelqu’un ? » auxquelles on a très envie de réponde « vas te
faire », et 150$ à payer. Une fois que l’ambassade a vérifié que vous
n’êtes ni un terroriste, ni un fou dangereux, que vous n’avez pas la peste
bubonique, ni de casier judiciaire, vous avez enfin votre lettre d’introduction
tant attendue, et pas mal de semaines se sont écoulées.
Mon conseil
Evidemment, c’est difficile de donner des conseils,
puisque nous n’avons pas obtenus nos visas par capacité, mais vraiment par
hasard, mais comme on est passé par là, on peut tout de même vous donner
quelques astuces.
Tout d’abord, ne vous prenez pas
trop la tête quand à votre connexion internet. Vous serez de toute façon des
milliers. Eviter la Wi-fi, branchez-vous directement en Ethernet. J’ai eu le
mien sur l’ordinateur de la maison, qui n’est pas un PC portable, et même si je
pense que ce n’est pas important, j’ai quand même insisté pour que SuperM l’utilise
à la deuxième tranche (au final, c’est moi qui l’ai fait pour lui, parce
que je suis un peu superstitieuse.).
Faites vraiment sérieusement vos
papiers, et ne laissez surtout pas tout trainer à la dernière minute comme
nous, ça vous évitera un sacré stress. Croyez-moi bien que dans tous les cas,
vous ne pourrez pas éviter, même après l’avoir relu et corrigé cent fois, de penser
que vous avez oublié un truc quand votre CV sera envoyé. C’est comme ça, stress
inévitable.
Soyez sur votre PC un bon quart
d’heure avant l’heure de l’ouverture, et ne laissez pas quelqu’un d’autre le
faire à votre place, vous regretteriez et risquez de lui en vouloir s’il
échoue. Evitez Facebook, aussi, c’est le rendez-vous des angoissés, tout le
monde pleure parce qu’il n’y arrive pas, et vous avez l’impression que personne
ne l’a eu. Et puis comme ça, si vous ne l’avez pas, vous n’aurait pas à réprimer
l’envie d’assassiner ceux qui fanfaronnent après coup.
Mais surtout, croyez-y !
Ayez confiance en vous, ne vous laissez pas abattre après un échec, si on est 4
à l’avoir eu, vous pouvez l’avoir vous aussi ! Mettez-y toute votre
volonté ! Et bonne chance à vous !
Légende urbaine
Ah oui, autre chose. J’ai
rencontré des pvtistes ici, qui m’ont dit que si vous êtes en couple depuis
plus d’un an, que vous pouvez le prouver (facture, bails...) et que l’un des
deux du couple obtient son PVT, l’autre pourrait l’obtenir d’office. Je ne sais
pas si c’est vrai, ou si c’est juste une légende, mais ça peut peut-être vous
aidez si ça vous tombe dessus ! Ca nous aurez épargné pas mal d’angoisse
pour nos potes, en tout cas. Je vous laisse vous renseigner !