Québec. Nous avons passé trois
mois de notre voyage ici. Trois mois de nos vies. La ville, en elle-même, me
fait plutôt penser à un très grand quartier. Contrairement à ce que j’en avais
entendu, je n’ai pas trouvé à Québec le charme que j’y attendais. Surement
est-ce dû à la période, transit entre l’hiver et le printemps, peu propice à la
beauté. L’hiver était beau, blanc, et les paysages se sont montrés sous un jour
que je n’avais jamais admiré. Mais dès le mercure dégelé, et la neige fondue,
il a laissé derrière lui de tristes traces de son passage. Des routes abîmées, fendues, des trottoirs
pollués de sable et de déchets, une herbe jaunie, noyée, des arbres décharnés,
et très peu de soleil pour illuminer tout ça.
Je ne dis pas que la ville n’a
aucun charme, ce serait mentir. J’aurais pu passer des heures à admirer l’ouverture
sur le Saint-Laurent, de la terrasse du château Frontenac. Celui-ci marquera
mon esprit, et c’est surement son image qui me reviendra plus tard, lorsque je
me souviendrais. Majestueux, royal, ancré dans l’histoire, son toit vert s’élançant
en pointes vers le ciel, pas étonnant qu’il soit le monument le plus
photographié du Canada. J’ai aimé l’influence anglo-bretonne de l’architecture,
donnant au Vieux Québec un faux air de Saint-Malo, mélangeant brique rouge et
pierre grise, comme j’ai aimé que des rues plongent vers le fleuve, une
ouverture marine en plein centre. J’ai aussi apprécié toutes les fortifications
du Vieux-Québec, et les rues magique du petit Champlain. Je me souviendrais du
parlement, fier, droit, imposant.
Cependant, j’ai trouvé le centre-ville
beaucoup trop hétérogène. Les jolies maisons en pierre côtoyant les hauts
immeubles modernes et industriels, que je déteste. J’ai trouvé que l’ensemble manquait
cruellement de cohérence, un amalgame mal ajusté d’architecture, d’époque, de
couleurs, de goût.
Certainement qu’ajouter du soleil
et de la verdure changerait complètement mon point de vue du tableau, mais c’est
aussi cela, voyager, c’est se faire sa propre idée des endroits qu’on visite, dépendamment
des moments où l’on y vit.
| le plus joli point de vue de Québec. |
Au niveau de notre expérience, s’il
y a une chose sur laquelle nous sommes tous les deux d’accord, c’est que nous
sommes restés ici bien trop longtemps. Vivre plusieurs mois à une même place, c’est
prendre le risque qu’une routine s’installe, et étouffe toute émotion nouvelle.
Si nous la fuyons de France, ce n’est certainement pas pour la retrouver ici. Nous
n’avons pas senti de vrai changement, la vie d’un sédentaire et la même d’un
côté à l’autre de l’Atlantique. Nous recherchons une liberté que ce genre de
vie ne permet pas. C’est en grande parti
pour ça que nous avons repensé toute notre manière de voyager, en laissant sur
place nos trop lourdes valises, pour partir avec des sacs à dos, prévoyant
beaucoup de marche et de camping.
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