mardi 28 avril 2015

Pierre grise et brique rouge.

Québec. Nous avons passé trois mois de notre voyage ici. Trois mois de nos vies. La ville, en elle-même, me fait plutôt penser à un très grand quartier. Contrairement à ce que j’en avais entendu, je n’ai pas trouvé à Québec le charme que j’y attendais. Surement est-ce dû à la période, transit entre l’hiver et le printemps, peu propice à la beauté. L’hiver était beau, blanc, et les paysages se sont montrés sous un jour que je n’avais jamais admiré. Mais dès le mercure dégelé, et la neige fondue, il a laissé derrière lui de tristes traces de son passage.  Des routes abîmées, fendues, des trottoirs pollués de sable et de déchets, une herbe jaunie, noyée, des arbres décharnés, et très peu de soleil pour illuminer tout ça.

Je ne dis pas que la ville n’a aucun charme, ce serait mentir. J’aurais pu passer des heures à admirer l’ouverture sur le Saint-Laurent, de la terrasse du château Frontenac. Celui-ci marquera mon esprit, et c’est surement son image qui me reviendra plus tard, lorsque je me souviendrais. Majestueux, royal, ancré dans l’histoire, son toit vert s’élançant en pointes vers le ciel, pas étonnant qu’il soit le monument le plus photographié du Canada. J’ai aimé l’influence anglo-bretonne de l’architecture, donnant au Vieux Québec un faux air de Saint-Malo, mélangeant brique rouge et pierre grise, comme j’ai aimé que des rues plongent vers le fleuve, une ouverture marine en plein centre. J’ai aussi apprécié toutes les fortifications du Vieux-Québec, et les rues magique du petit Champlain. Je me souviendrais du parlement, fier, droit, imposant.
Cependant, j’ai trouvé le centre-ville beaucoup trop hétérogène. Les jolies maisons en pierre côtoyant les hauts immeubles modernes et industriels, que je déteste. J’ai trouvé que l’ensemble manquait cruellement de cohérence, un amalgame mal ajusté d’architecture, d’époque, de couleurs, de goût.

Certainement qu’ajouter du soleil et de la verdure changerait complètement mon point de vue du tableau, mais c’est aussi cela, voyager, c’est se faire sa propre idée des endroits qu’on visite, dépendamment des moments où l’on y vit.

le plus joli point de vue de Québec.

Au niveau de notre expérience, s’il y a une chose sur laquelle nous sommes tous les deux d’accord, c’est que nous sommes restés ici bien trop longtemps. Vivre plusieurs mois à une même place, c’est prendre le risque qu’une routine s’installe, et étouffe toute émotion nouvelle. Si nous la fuyons de France, ce n’est certainement pas pour la retrouver ici. Nous n’avons pas senti de vrai changement, la vie d’un sédentaire et la même d’un côté à l’autre de l’Atlantique. Nous recherchons une liberté que ce genre de vie ne permet pas.  C’est en grande parti pour ça que nous avons repensé toute notre manière de voyager, en laissant sur place nos trop lourdes valises, pour partir avec des sacs à dos, prévoyant beaucoup de marche et de camping. 

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