mardi 19 mai 2015

Les Chutes du Niagara, là où l'argent coule à flot.

Comme tous bons touristes, notre court séjour à Toronto nous a permis d’aller visiter un site incontournable Ontarien, et même de toute l’Amérique du Nord : Les chutes du Niagara.

On a choisi d’y aller en bus, par l’intermédiaire d’un tour opérateur Chinois, qui faisait le trajet d’un Hôtel de luxe au centre de Toronto au plus grand Casino de la ville de Niagara Falls.
On ne savait pas vraiment comment allait se passer le voyage, combien de temps on allait rouler, ni où se trouvait le fameux site, mais on s’est assis dans le bus rempli de riches asiatiques sans trop se poser de questions. L’hôtesse –chinoise elle aussi –  donnait plein de consignes, et honnêtement, on comprenait son anglais aussi bien que son chinois, c’est-à-dire pas du tout. On a vaguement entendu le code Wi-fi du bus, le montant qu’on devait payer (15 $ chacun) et trois ou quatre fois le mot « casino ».

L’heure quarante-cinq de trajet a été relativement rapide, nos pensées tournoyant autour d’eau bleue, de nature, et d’expédition. C’est maintenant, avec le recul, que j’aurais du titlter plus tôt. J’aurais dû comprendre, en voyant les autres touristes sans sac à dos, en robes, jupes, voir talons aiguilles, qu’on ne partait pas pour une randonnée sauvage.

Je vous explique comment moi, petite européenne nullissime en géographie, j’imaginais l’endroit dont tant de fois j’avais entendu le nom, des Chutes du Niagara. J’imaginais un fleuve perdu en pleine nature, un accès difficile et après une bonne heure de marche sous un soleil étourdissant, l’émerveillement d’avoir devant soi les chutes les plus importantes du monde. Nous avions préparé des sandwichs, pris de la crème solaire, nous étions habillés comme des Indiana Jones des temps modernes, avec caméra et appareils photos qu’on avait rechargés avec soin, et je me demandais déjà si on trouverait un bout d’herbe pour pouvoir pique-niquer, sur la montagne qui nous faudrait gravir pour observer les chutes.



Le bus s’est enfin arrêté sur le parking du Casino, des tas de gens sont descendus, et on est resté dedans, en se demandant à quel moment on redémarrerait pour s’exiler en pleine nature. Finalement, l’hôtesse nous a demandé de descendre, peut-être devait-on changer de bus ?

Dans le casino, le personnel a contrôlé nos passeports et notre paiement, puis on nous a donné rendez-vous  à 17h pour repartir à Toronto. Pardon ? On s’est regardé, sans comprendre, puis on s’est éloignés un peu. C’est là que j’ai vu le plan du site : Welcome to Niagara Falls !



Vite envolée ma belle vision, la réalité m’est apparu comme une gifle. Un funiculaire à 5$ pour descendre au plus près de la cascade, sinon, un détour d’au moins vingt minutes à pieds. Des tas de touristes agglutinés aux barrières de sécurité, appareils, téléphone, caméras à la mains, inquiets d’enfermer une minuscule parcelle de leur expérience dans leur boîtiers électroniques. Des bousculades, des hurlements, pour avoir la meilleure vue. A l’arrière-plan, une ville ultra capitalisée, pleine de casinos, d’hôtels de luxe vantant la meilleure fenêtre sur la chute, des restaurants et fast-food à n’en plus finir. Des dizaines de boutiques de souvenirs, allant jusqu’à imprimer « Niagara Falls » sur des paquets de chips, pour peu que ça soit plus vendeur. Pire que ça, une ville foraine, espèce de foire sédentaire, appelant à la surconsommation. Une ville exagérée à l’Américaine, qui veut en mettre plein la vue, mais dont le souvenir me paraît assez pitoyable. Les chutes du Niagara, c’est le Las Vegas des petits budgets.



Quelle déception. Inutile de dire que l’enchantement n’a pas fonctionné sur moi, et que mon imaginaire s’est fané avant même que j’ai le temps de dire Niagara. La surexploitation d’une ressource naturelle aussi impressionnante que ces chutes m’a écœurée. Le pire, ce doit être les compagnies qui se font des millions de dollars sur le dos des malheureux touristes avides de sensations, en offrant des croisières « au plus près » de l’eau à des prix exorbitants. Ces gens-là vous volent pour des « souvenirs impérissables ». On a catégoriquement refusé d’ajouter de l’eau au moulin de leur escroquerie, en se contentant de regarder la chute simplement avec nos yeux, prendre quelques photos qui ne refléteront de toute façon pas sa beauté, et sans acheter le moindre souvenir.



Pourtant, malgré mon effarement, je ne peux pas dire que cette journée n’était pas belle. Lorsque sous mes yeux, des milliers de litres d’eau d’un bleu turquoise se déversaient sans être pour le moins perturbés par ses centaines d’admirateurs, je me disais que j’avais une chance folle de pouvoir en être témoin. C’est clairement impressionnant ce que la nature est capable de faire, et la manière qu’elle a de nous émerveiller. 


Il y a des endroits, sur cette terre, qu’il ne faut pas rater, et je pense que les Chutes du Niagara en font partie. Mais malheureusement, je ne suis pas la seule à le penser, et le capitalisme l’a très clairement compris. La nature n’est plus seulement une ressource naturelle, la culture de l’argent en fait une ressource financière, et que vous le vouliez ou non, l’envie de voir un site naturel incroyable fera de vous un acteur de sa monétisation. 
C'est à se demander ce qui coule le plus au chutes du Niagara, l'eau ou l'argent ?



Article et photos : Mademoiselle OUaT

mardi 5 mai 2015

Parc Oméga, safari en terre canadienne.

     Ce qui nous a amené au Canada, c’est le climat, les forêts, les grands espaces, mais également la faune. Alors quand on a su qu’on pouvait la découvrir presque entièrement dans un seul parc, on s’est dit qu’on trichait un peu, mais qu’au moins, on ne quitterait pas le pays sans voir l’ombre d’un caribou.

     Nous sommes donc passés par Montebello, petite ville québécoise, pour découvrir le Parc Oméga.
Une entrée à 23$ (à cette période de l’année), quelques sacs de carottes fraîches, et nous étions parés à l’excursion.  


Oméga à la particularité de fonctionner comme un safari, un parcours en sens unique vous offre une émouvante plongée en milieu naturel, bien qu’assis derrière votre pare-brise. L’absence de cage et barreaux qu’on peut trouver dans les zoos vous confère une incroyable sensation de liberté, qui vous ferait clairement oublier que les animaux ne sont pas sauvages... S’ils n’étaient pas si conditionnés à l’appel de la carotte, et c’est bien là que l’expression prend tout son sens. Mais qui va dans un parc animalier pour n’apercevoir que de lointaines silhouettes ? L’omniprésence des locataires du parc n’ajoute que plaisir et comique à la balade.


      Les cervidés vous abordent sans manières, vous coupent la route, plongent leur tête dans votre voiture, et n’en ressortent que la bouche pleine. Peut-importe que ce soit d’une carotte ou de vos cheveux. Les sangliers les imitent, bien que n’ayant décidément pas autant de succès.
 Dans un souci matériel, nous n’avons pas pu nourrir les bisons et les bœufs musqués, mais sans doutes que notre voiture de location en fut reconnaissante, déjà pleine de baves et de poils.
Les animaux carnivores ou dangereux, renards, loups, coyotes et ours, sont  cloisonnés, mais leurs enclos sont immenses et aussi risible que ça puisse être, ils sont eux aussi amateurs des crudités tant appréciées.


       Evidemment, il est hors de question de sortir de voiture, hormis dans les espaces pédestre. Il y en a plusieurs, qui vous emmèneront à une ferme et ses nombreux habitants, autour d’un lac aux truites (certainement assez énorme pour vous bouffer, mais heureusement, la baignade y est interdite. La pêche aussi.), et sur des passerelles s’élevant au-dessus de l’enclos des ours noirs et de celui des loups, vous permettant de les observer au plus près, sans les parasiter.





     


    Ce qui nous a clairement plu dans ce parc, outre le contact avec les animaux, c’est bien qu’ils semblent vraiment bien dans leur milieu. Leur espace n’est pas réduits à quatre grilles, ils sont préservés dans leur habitat d’origine et côtoient les humains sans les craindre, bien au contraire.




        Le seul ennui, avec les safaris, c’est le facteur risque que forme les voitures. Un conducteur imprudent aurait vite fait de blesser une patte. Mais bon aujourd’hui, même hors du parc, le risque humain est une variable dont les animaux sauvages doivent se soucier. Au moins, ceux-ci ne seront pas retrouvés crevés au bord d’une autoroute.






En plus des photos, SuperM nous a réalisé un montage vidéo qui retrace très bien notre expérience. Vous aurez aussi quelques images de mon prochain article !





Photos et Article : Mademoiselle OUaT
Vidéo : SuperM