« Tout ce que vous avez à faire, c’est décider de
partir, et le plus dur est fait. »
Tony Wheeler
J’essaye de trouver les mots pour entamer mon premier
article. Lorsque nous avons décidé de faire ce voyage, de l’idée à la
concrétisation, il y a quelque chose que j’ai repoussé loin, très loin dans mon
esprit, c’est l’idée de partir. Ça paraît pourtant évident, un voyage, ça passe
forcément par la case départ, mais dans ma tête, il n’y avait que des sacs à
dos, des forêts, des longues routes, des chemises à carreaux et des chapeaux de
cow-boy.
Et puis une semaine avant de partir, ça m’a frappé en pleine
gueule. Je ne vais plus revoir ma famille et mes amis pendant UN AN. Une longue
année. Je vais rater les fêtes de familles, les anniversaires, les soirées
entre potes. Alors évidemment, il y aura d’autres soirées, d’autres amis, il y
a Skype et Whatsapp et puis de toute façon j’oublie tous les anniversaires,
mais quand même.
Plus encore, je ne vais plus revoir ma maison pendant un an,
ni dormir dans mon lit. Je ne peux pas dire que cette espèce de nostalgie du
chez-soi est commune à tous les voyageurs, parce que par exemple, SuperM, lui,
ne la ressent absolument pas. Mais moi,
il y a certains jours où je donnerais tout pour être dans MON canapé, à mater
une série avec ma mère. On ne se rend jamais compte de la valeur d’un lieu où l’on
a vécu, avant de l’avoir quitté.
D’ailleurs je suis au Québec depuis deux mois, et il y a
environ deux semaines, ma famille m’a terriblement manquée. J’ai bien mis
quatre-cinq jours pour comprendre l’étrange impression de vide qu’il y avait
dans mon petit cœur (houu la sentimentale !), et quelques-uns de plus pour
la surmonter. Pourtant, j’ai déjà quitté ma famille pour plus que ça, mais ici
c’est surtout le fait de savoir qu’ils ont beau tous te manquer, tu ne les
reverras autrement que derrière un écran que dans plusieurs mois.
D’autant plus que tu peux ajouter à ça le sentiment
détestable, cette idée qui passe certainement par la tête de tous les
travellers, « Et s’il se produisait un drame en mon absence ? ».
Et oui, rien n’est impossible. J’ai un ami qui a tristement perdu quelqu’un de
proche quelques semaines après son départ. Il n’a pas pu rentrer en France, et
je ne peux qu’imaginer sa douleur. Mais que peut-on y faire ? Si l’on s’empêche
de vivre parce qu’on craint ce qu’on ne peut prévoir, autant se jeter sous un
bus tout de suite.
Mais bon, ceci dit, croyez-moi, rien n’est dramatique, ni
insurmontable, puisque moi qui suit très proche de mes parents, et très
attachée à ma maison, je survis sans aucun problème. Rien ne m’empêche de
Skyper ma mère tous les deux jours. De toute façon, il faudrait plus que des
milliers de kilomètres pour se mettre entre ma mère, et moi.
Article : Mademoiselle OUaT
Photos : Deviantart.com


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